BeeBee et la fleur qui ne voulait pas s’ouvrir
Un matin tout doux, alors que le soleil étirait lentement ses rayons au-dessus du jardin, BeeBee sortit de la ruche en bâillant.
— Quelle belle journée pour butiner ! bourdonna-t-elle joyeusement.
Elle vola de fleur en fleur, saluant les marguerites, chatouillant les coquelicots, quand soudain, elle remarqua quelque chose d’étrange.
Au bord du jardin, juste à côté du vieux pommier, se trouvait un bouton de fleur… complètement fermé.
— Bonjour ! dit BeeBee en se posant délicatement. Tu n’es pas encore réveillée ?
La fleur ne répondit pas. Elle semblait se cacher à l’intérieur d’elle-même, toute serrée.
BeeBee attendit un instant, puis demanda doucement :
— Est-ce que quelque chose ne va pas ?
La fleur soupira.
— J’ai peur de m’ouvrir, murmura-t-elle. Et si je n’étais pas assez belle ? Et si le vent était trop fort ?
BeeBee inclina la tête. Elle réfléchit un moment, puis sourit.
— Tu sais, moi aussi, j’ai eu peur la première fois que j’ai volé. Mes ailes me semblaient trop grandes… et le ciel trop vaste.
La fleur resta silencieuse, mais elle écoutait.
Alors BeeBee eut une idée. Elle ne força pas la fleur. Elle ne la pressa pas.
Elle resta simplement là, à lui raconter le jardin :
le rire des coccinelles,
les secrets que chuchotent les feuilles,
et la chaleur du soleil qui ne fait jamais de mal.
Le temps passa. Le soleil monta un peu plus haut.
Et tout doucement… très doucement… la fleur entrouvrit un pétale. Puis un autre.
— Oh… souffla-t-elle. Ce n’est pas si effrayant.
BeeBee battit des ailes, heureuse.
La fleur était magnifique, à sa façon, exactement comme elle était.
Avant de repartir, BeeBee lui dit :
— Prends ton temps. Le jardin saura t’attendre.
Et depuis ce jour-là, la petite fleur s’ouvre quand elle se sent prête, jamais avant.
Car certaines choses ont besoin de douceur pour éclore.